Eldevira

Comme vous le savez peut-être, avec l'un de mes meilleure amie, j'ai écrit un livre, nommé Eldevira. Il n'a pas encore été publié, nous devons l'imprimer et l'envoyer aux éditeurs. Je vous mettrait l'avancé de tout ça sur cette page parce que c'est très important pour moi.
Sur notre page facebook nous avons publié le prologue et notre premier chapitre, histoire de vous faire découvrir un petit peu l'histoire. Et donc les voici :

Prologue 

 Il savait.  
 Son rêve n'en n'était plus un, il allait enfin pouvoir accomplir ses projets et faire payer à tous ceux qui l'avaient rejeté.
 A ses pieds gisait le corps inerte d'une femme, ses cheveux blonds étaient étalés autour de son visage et ses yeux bleus, brillant autrefois de mille feux, étaient à présent éteints. Il l'avait tuée, elle ne lui était plus d'aucune utilité. Elle lui avait rapidement rendu ses combattants et lui avait donné toutes les informations qui lui étaient nécessaires, il savait être persuasif.
 Un sourire étira ses lèvres, dévoilant ainsi une rangée de dents jaunies. Il avait gagné, personne ne pourrait plus l'arrêter.
 Personne. 
  

Chapitre 1 (Dela) 



 C'était une journée banale. Nous nous détendions, assis à la terrasse d'un café, Le Café Gourmand, et sirotions les meilleurs chocolats chauds de la ville. Il faisait froid en ces périodes de fêtes et personnes ne profitaient des tables extérieures. Sauf nous. La chaleur de nos boissons nous réchauffait et nous étions bien couverts. Malgré la rue regorgeante de monde, nous nous sentions toujours plus tranquille à l'extérieur qu'à l'intérieur. Le Café Gourmand était l'un des plus réputé de la ville, complet en hiver comme en été, période à laquelle ils servaient de délicieuses glaces à la vanille et à la framboise.
  En face de moi se trouvait directement Josh, et il y avait Rich à sa gauche. Mes meilleurs amis depuis longtemps. Nos meilleurs amis depuis longtemps, et là était le problème. Ils faisaient la conversation, essayant de nous décrocher une parole sympathique ou un geste amical à l'intention de l'autre. Mais Lucy -assise à ma droite- et moi n'en avions que faire, nous nous détestions et ne cherchions pas à améliorer la situation. Nous étions là, tous les quatre, autour d'une table rectangulaire à nous regarder dans le blanc des yeux. Avec haine pour Lucy et moi, et avec exaspération pour les garçons.  
 – Pourquoi tenez-vous tant à ce que nous entretenions une relation cordiale, si ce n'est plus ? lançai-je, espérant briser le silence qui commençait à être pesant.
 – Pour une fois, je suis d'accord avec elle, appuya Lucy.
 – Parce que vous êtes toutes les deux nos amies et que nous en avons assez de vous voir vous haïr pour des idioties, répondit Rich.
 Je ne répondis pas et tournai la tête. Les passants marchaient à vive allure, les yeux baissés et les épaules rentrées, ne prêtant aucune attention à leur entourage. Le moteur des voitures vrombissait lorsque le feu tricolore passait au vert et les automobilistes usaient de leur avertisseur sonore, espérant que le flux de véhicules avancerait plus rapidement ainsi.  
 Une chaise racla sur le sol et attira mon attention, Lucy se levait.  
 – Ne me regardez pas comme ça, je vais juste aux toilettes.
 Rich était sur le point de se lever aussi mais Lucy l'en empêcha.
 – Tu comptes aller où comme ça ?
 Il ne put empêcher le rouge de venir colorer ses joues mais, ayant l'habitude de ce genre de situation, il se reprit bien vite :
 – Je t'accompagne.
 – Je pense être capable d'aller aux toilettes toute seule, je n'ai plus cinq ans.  
 Elle n'attendit pas sa réponse et entra dans le café, en direction des sanitaires.  J'avais un instant espéré qu'elle s'en aille, mais je rêvais sans doute bien trop.
 Le silence était de nouveau présent et le regard des garçons glissait un peu trop souvent à mon goût dans la direction des toilettes, ils paraissaient inquiets. Je ne pris pas la peine de démarrer sur une autre conversation, j'aimais boire mon chocolat dans un calme relatif. Au bout d'une minute ou deux, Josh brisa le silence et s'adressa à moi :
 – Dela, Lucy est assez entêtée, si tu faisais le premier pas je suis sûr que...
 – Josh s'il-te-plaît, nous avons déjà eu cette conversation et tu sais très bien ce que j'en pense. Lucy n'est pas du tout le genre de fille avec qui il serait possible que je devienne amie, elle est bien trop... Mal élevée.
 Ils se turent et je fis de même. Je jouais avec mon collier -caché sous mon écharpe à rayures bleues et blanches-, geste devenu automatique au fil du temps. Je tenais beaucoup à ce bijou, je l'avais depuis toute petite et il m'était impossible de m'en rappeler le donateur. La chaîne était en argent ainsi que le pendentif qui était un serpent, seul l’œil de l'animal différait par sa matière et sa couleur, c'était une émeraude. Pendant ce temps, les garçons alternaient entre regarder la porte des toilettes, se regarder et me regarder. Ce manège dura dix bonnes minutes avant que Josh ne perde patience.
 – Elle en met du temps.
 – Je ferais mieux d'aller voir, déclara Rich.
 – C'était peut-être une excuse pour s'en aller...
 Mais les garçons ne daignèrent pas m'écouter et se levèrent pour aller voir ce qui se tramait. Josh m'attrapa par le bras et m'enjoignit de les suivre. J'étais sur le point de répliquer mais me ravisai, quand ce garçon avait une idée derrière la tête, rien ne pouvait le freiner.
 A l'intérieur, les conversations allaient de bon train et les rires étaient contagieux. L'approche de Noël faisait toujours cet effet-là.
 Nous sommes tous les trois entrés dans les toilettes des filles, ce que je trouvais au passage vraiment déplacé pour les garçons, et nous sommes retrouvés paralysés devant le spectacle qui s'offrait à nous.
 Josh resserra d'avantage sa prise sur mon bras et Rich couru vers le centre de la pièce où, au milieu d'une mare de liquide pourpre, gisait Lucy, immobile. Il l'examina rapidement et releva la tête, une lueur de panique dans les yeux.
 – Une morsure de Komozaru, emmène Dela !
 Une morsure de quoi ?
 Josh me fit tourner avec une vitesse époustouflante pour me faire sortir de la pièce mais avant que j'eusse pu comprendre quelque chose, ma vision se troubla et les ténèbres m'accueillirent.

 Des bouquins, partout, il n'y avait que cela autour de moi. Les livres étaient une intarissable source de réconfort et de rêve. Ce fut pour cette raison que j'en pris beaucoup, autant que mes bras me le permettaient. Une dizaine, une douzaine, peu importait, je les achetai tous.  
 Les bras pleins de merveilleux ouvrages, je sortis de la boutique. Je marchais, l'esprit ailleurs, lorsqu'un craquement se fit entendre. En baissant les yeux vers le sol, je vis que mes livres y étaient tous étalés. Je me penchai et commençai à les ramasser lorsqu'une main, sortie de nulle part, en attrapa quelques-uns et me les tendit. Je les récupérai rapidement avant de lever la tête pour remercier l'inconnu. Mais la seule chose que je pus remarquer à ce moment-là, ce fut ses yeux, ses magnifiques yeux, comme jamais je n'en avais vu. Je ne pouvais lâcher ce regard d'acier tacheté de vert émeraude. Le garçon, qui semblait lui aussi avoir douze ans, me jeta un dernier regard et s'en alla aussi vite qu'il était venu. Je sortis de ma torpeur. Avais-je rêvé ?  
 De l'autre côté de la rue se trouvait la maroquinerie de mes voisins. Je traversai, entrai dans la boutique et en ressortis cinq minutes plus tard, un sac aussi noir que mes cheveux sur l'épaule, rempli de livres. Je retournai chez moi, toujours perturbée par les yeux du garçon qui m'avait aidée. Quelques jours passèrent, je me baladais à nouveau dans les rues. Arrivée à un carrefour, je traversai. J'entendis les voitures klaxonner et tournai la tête pour voir ce qu'il se passait. Mon corps se figea, une voiture m'arrivait dessus. Je me sentis alors tirée en arrière. La voiture me frôla de peu. Je me retournai et mon regard s’accrocha à celui qui me hantait depuis plusieurs jours. Mon cœur rata un battement. Cette fois il ne m'avait pas seulement aidée, il m'avait sauvée la vie. Je le détaillai un peu plus. Il était plus grand que moi, pas bien épais, la peau légèrement mate et avait des cheveux courts et noirs. Il était vraiment beau.
 Je le remerciai, il haussa les épaules. Il commença à se tourner pour partir, mais je l'arrêtai. « Qu'es-tu au juste ? Un héros ? Tu es toujours présent quand j'ai besoin d'aide ». Il me regarda par-dessus son épaule. « Non, les héros sont bien trop orgueilleux. Disons que je suis juste là au bon endroit et au bon moment ». Et il s'en alla.

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